Psychothérapeute engagé, Mony Elkaïm fut un spécialiste de la thérapie familiale, un pionnier de l’approche systémique et une figure du mouvement de l’antipsychiatrie.

Il a notamment développé le concept de “résonance”, qui renvoie au fait que les émotions ressenties par le ou la thérapeute au cours de la consultation peuvent renseigner sur le système de la personne accompagnée.

Ce que j’aime dans cette approche, c’est qu’elle questionne indirectement la fameuse “neutralité” des praticien·nes, qui tend à produire des individu·es supposément détaché·es de leurs affects, mais surtout aseptisé·es. La résonance va au contraire encourager l’écoute de soi et de son vécu pour la mettre au service de l’autre, indiquant par là même que l’accompagnant·e n’est pas extérieur·e au processus, mais qu’iel en fait pleinement partie.

Bien évidemment, il ne s’agit pas de se laisser déborder par les émotions, mais simplement d’y prêter attention afin de voir dans quelle mesure elles peuvent contribuer à la relation d’aide. Et bien sûr, le pré-requis est la capacité à discerner ce qui se joue en nous dans l’instant, et cela nécessite, en tant qu’accompagnant·es, de veiller à prendre soin de notre psycho-émotionnel afin d’éviter les projections et les fausses routes.

LA RÉSONANCE

Noémie Delfine

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